AFEAS. Cette Association veut «une société fondée sur les valeurs de paix, d’égalité, d’équité, de justice, de respect et de solidarité». Et de liberté, bien sûr, spécialement en fin de vie. Depuis quelques années, elle a mené une consultation démocratique et intense auprès de ses 12 000 québécoises quant au mourir dans la dignité; elle a affirmé tôt qu’une personne en fin de vie irréversible devrait pouvoir, si elle le veut, demander et recevoir une aide médicale active à mourir, balisée et contrôlée. Elle a secondé beaucoup les efforts de madame Francine Lalonde, à Ottawa, pour la décriminalisation de l’aide médicale active; sans le succès escompté. Cette Association a dit : le débat actuel est incontournable; on doit passer des soins naturels aux soins appropriés de fin de vie; on doit respecter un mourant quand il dit, dans sa tête et dans son cœur, que «c’est assez»; le droit à la vie et le droit à mourir dans la dignité vont ensemble; il est injuste à une personne en fin de vie de vivre contre son gré; cela ne va pas à l’encontre du droit commun, tout au contraire; les SP et autres (appropriés et personnalisés) doivent être disponibles partout au Québec, le plus tôt possible; une aide médicale active demandée librement peut-être un acte sacré de compassion. Gratitude et admiration à cette Association si porteuse de vie et de solidarité humaine. Si notre CSSS/QMD est, vous en êtes un des grands responsables. MERCI, Aféas, et admiration à vos dirigeants.
Georges Sobolewski. Seul, bien préparé et ayant fort réfléchi, se cherchant parfois dans ses documents, il propose le droit de pouvoir mourir PAISIBLEMENT entouré de ses proches de son choix; c’est l’inattendu qui brise cette paix; ce qui augmente la sérénité, c’est lorsque l’on peut choisir l’heure de son départ; le soin de la sédation terminale (pour laquelle on doit donner un consentement pleinement éclairé et libre) ne contribue pas à plus de paix dans le mourir, au contraire. Selon lui, le deuil est facilité par la paix apportée par le respect de la volonté du mourant; il a tellement raison, et le médecin jésuite belge M(pour lequel on doit donner un consentement pleinement éclairé et libre) arc Desmet l’a dit aussi. Ce qui l’amène à cette positon, c’est le mourir indigne et dégradant d’une personne qu’il a accompagnée dans un hôpital de Québec. Il aimerait que l’on nomme l’aide médicale à mourir «La dernière intervention». Je ne partage pas sa position quant au rôle des aidants à mourir activement; le CMDL est clair, seul le médecin peut aider à mourir activement. Il affirme avoir beaucoup de respect pour les SP, mais en ajoutant que les SP sont «bloqués par la doctrine de la mort naturelle»; à raison, il y a blocage et fermeture empêchant la primauté de la personne, l’éthique de terrain, le dialogue éthique, le respect du libre choix jusqu’à la fin. Avec humour et avec grand sérieux, il dit : «Devrions-nous criminaliser la césarienne?» Message compris, monsieur.
Mme Hélène Bonin. Le ton est hautain, agressif, et le message est vite plein de jugements et de remarques inappropriées quant à la Commission. Le président, avec ses 16 années de vie parlementaire, a eu raison de lui faire une longue leçon sur la démocratie respectée dans ces travaux parlementaires; il lui a dit que ce débat est «très sain pour la société» et qu’il est très fier du travail solidaire des commissaires; à raison. Une remarque bizarre : que si le Barreau est d’accord pour l’euthanasie, que ce soit non les médecins, mais les avocats qui posent l’aide finale à une vie ! Madame Bonin, superviseure de stage, aura à apprendre à ses étudiants l’ouverture à l’autre, l’humilité dans les soins et les accompagnements, la solidarité humaine, la compassion, le non-jugement et le grand respect de la liberté de l’autre, tout spécialement lors de SA fin de vie.
Mme Marie-Dominique Rouleau. Elle félicite la Commission pour son exercice de haute démocratie. Le mourir peu digne de son père, homme de tête et de cœur, l’amène à témoigner; elle souhaite spécialement que la personne en fin de vie puisse donner des consentements éclairés et libres, étant ainsi considérée comme personne centrale jusqu'à à la fin; et que la personne connaisse mieux le droit au refus de traitements et que l’exercice de ce droit soit facilité. Elle a dit : seul le mourant peut définir sa dignité; le respect de la dignité du mourant est une tâche citoyenne qui nous incombe; les aînés devraient se donner de la formation sur leurs droits, leurs responsabilités et leurs libertés en fin de vie (développer les soins appropriés de fin de vie invite au développement du potentiel de la personne en fin de vie; d’accord avec cela depuis 25 années); elle demande des niveaux de soins plus élaborés; elle est en accord profond avec la position du Barreau du Québec (le seul intérêt de la personne et SON intention, et la primauté de la personne et de son autonomie); elle se réjouit du fait que nous sommes un société de droit dont on est fière; elle n’a pas peur qu’on aille ni trop vite ni trop loin dans l’aide active médicale à mourir; il est injuste que les SP soient surtout pour les cancéreux dont les organismes associés sont grandement subventionnés; les soins de fin de vie doivent être inclusifs; garder le statut quo serait arbitraire et dangereux. Témoignage à voir : http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/AudioVideo-33053.html
Maison Michel-Sarrazin. Tout d’abord, le CMDL ne cesse de dire son émerveillement et sa gratitude devant l’extraordinaire travail fait par la MMS et devant les excellents soins et les accompagnements par le personnel du quotidien en SP.
Notre Collectif est plus critique quant à ses dirigeants. Observation révélatrice: deux Évêques québécois ont témoigné dernièrement en compagnie d’un ex-médecin de la MMS; le dg de cette maison témoigne aujourd’hui accompagné d’un philosophe à l’allure d’un théologien. Le ton du dg est rapide et sec; le temps de parole est très monopolisé; le mémoire est très volumineux, voulant impressionner et convaincre; le ton du philosophe me semble professoral et suffisant. Parlant des dérives possibles, il faut avoir l’estime au-dessus de la norme pour inviter la Commission à discriminer les études présentées par les autres témoins et à se référer surtout aux David Roy, Margaret Somerville et Jocelyne St-Arnaud; se référer davantage aux rapports gouvernementaux officiels des pays de la Belgique, de la Hollande et des États de l’Oregon et de Washington donnent plus de crédibilité.
Dans ces pays, la relation de confiance entre le mourant et le médecin ne s’est pas détériorée, au contraire; les soins palliatifs s’y sont davantage développés. Vouloir faire peur pour convaincre diminue la crédibilité de votre discours. Toujours surprenant et dominant de vouloir toujours interpréter et décoder les demandes «Je veux mourir, c’est assez, je veux que ma vie prenne fin…»; les SP se doivent, en plus d’écouter, surtout d’ENTENDRE les personnes en fin de vie; c’est comme si une surdité exprimait une fermeture à l’autre et à son seul intérêt et à SA volonté ultime, et favoriserait son non-respect jusqu’à la fin, plaçant les soins, les soignants et votre établissement, si réputée soit-il, au-dessus des personnes en fin de vie.
Les dirigeants de la MMS et du Réseau québécois des SP semblent terrorisés devant la venue possible de l’aide médicale active à mourir, même balisée et contrôlée, comme un soin exceptionnel approprié et personnalisé de fin de vie; devant cette possibilité, le CMDL, des Corporations professionnelles et la population en générale, sage et confiante, demeurent calmes et sereins; le respect de chaque personne mourante jusqu’à la fin donne tellement de sérénité et de crédibilité sociale. http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/AudioVideo-33053.html
Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic. Défendre les droits et les intérêts de nos 25000 membres; à la demande du Barreau du Québec, une invitation à la centration sur le seul intérêt de la personne en fin de vie et de SA volonté nous est de mise. Se référer aux médecins Vinay et Boivin est bien, mais insuffisant; consulter le Dr Marcel Boisvert et autres serait approprié. Parler de l’euthanasie comme solution facile pour le financement manque d’élévation; le député Reed a eu raison de vous dire «JAMAIS, à aucun moment, la CSSS/QMD n’a parlé de l’euthanasie pour sauver de l’argent». Comme l’OIIQ, votre Association dit ne pas ne pas vouloir se prononcer, mais votre discours, vos références et vos exemples expriment une opposition défavorable à toute aide active médicale à mourir; ce qui n’est pas la position de tous vos membres, bien au contraire. Bien d’accord avec vous pour le développement des soins de fin de vie; restera à préciser lesquels, parmi les soins appropriés. Vos réponses aux questions des commissaires furent intéressantes, mais pas suffisamment à la hauteur attendue. Voici une hypothèse à réfléchir : le taux du nombre de suicide chez vos membres en fin de vie diminuera drastiquement s’ils ont la garantie qu’une aide médicale active à mourir sera possible, si nécessaire et si librement demandée.
Mme Jocelyne Gagnon et M. O’Nil Dumont. Ils veulent le développement +++ des soins et ils ont une admiration infinie envers la Maison Michel-Sarrazin. Ces personnes expriment une énorme peur, que si l’euthanasie même sous conditions était permise, notre société éliminerait ses vieux, ses mourants, ses personnes handicapées. Nos députés ont grandement essayé de les rassurer. Ai bien hâte d’entendre le témoignages de l’OPHQ.
Carpe Diem. Nous ne pouvons qu'être pleins d'admiration devant la dg Nicole Poirier, son équipe et leur IMMENSE réalisation. La Maison Carpe Diem est reconnue à travers tout le pays, même à l'étranger; les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer sont privilégiées. Madame Poirier dit : travaillons à bonifier au maximum les conditions de vie de nos usagers; évitons l'acharnement thérapeutique; il y a toujours quelle chose à faire; nous travaillons sur la relation et non sur l'atteinte des résultats. La MCD s’occupent de 15 résidents et de 150 personnes à domicile; impressionnant.
MCD est totalement opposée à une aide médicale active, même si une personne l'a indiqué dans ses directives anticipées écrites de fin de vie; elle a la conviction que la personne atteinte changerait d'idée devant la qualité des soins et de l'accompagnement. Ici, problème il y a. Voltaire a dit que le mieux est l'ennemi du bien. Le bien et le très bien, selon moi, passeront aussi par le respect de la volonté ultime de la personne en fin de vie. Pire, l'annonce du non-respect des directives anticipées risque grandement de faire augmenter le nombre des suicides chez leur clientèle. Comme à la MMS, il ne faut pas être bloqué par la doctrine de la loi naturelle; mourir et disparaître, c’est notre destin très naturel. Le député Reed a eu raison de vous rappeler que jamais l'euthanasie ne sera imposée à personne et que la liberté ultime devrait être respectée chez la personne en fin de vie. C'est l'exemple de la page 20 du document de consultation qui vous a amené à la Commission. Tant mieux, nous avons beaucoup appris de vous, et vous ferez de même avec les travaux de cette CSSS/QMD.
Par Yvon Bureau le 2010-11-01 à 13:28:47