Informations importantes


Notre participation à la Commission sur le PL52, le 25-9-2013
LE rapport de la CSSS/QMDignité
Notre 3e mémoire à l’occasion de la fin des audiences de la CSSS/QMD
Consultation publique sur la question de Mourir dans la dignité et NOS COMMENTAIRES
Document de consultation de la CSSS disponible depuis le 25 mai
À la mi-juillet, le CMDL a envoyé un 2e mémoire à la CSSS
Parution du Collectif devant la Commission de la santé et des services sociaux
  • Téléchargez le document intitulé "La PERSONNE en fin de vie, SA dignité et SON choix, approches et soins appropriés" présenté à la Commission de la santé et des services sociaux sur le droit de mourir dans la dignité

Le contexte

De plus en plus de personnes sont maintenant conscientes de la nécessité de conserver, en fin de vie, leur responsabilité et leur droit ultimes de vouloir mourir librement, dignement et noblement. Les personnes interrogées lors de sondages au cours des dernières années, indiquent leur ouverture à l’idée que «l’euthanasie puisse faire partie des soins appropriés», le moment venu de quitter cette terre. Les résultats des sondages appliqués, dont un tout récent, indiquent régulièrement une proportion favorable de plus de 75%, au Québec comme au Canada. C’est là un signe que les personnes interrogées ont bien compris le sens des questions lors des sondages. Par leurs réponses, elles formulent, dans un geste ultime de responsabilité et de liberté, leur désir de garder le contrôle sur leur fin de vie et de maintenir dignement leur personnalité, leur identité et leur fierté et ce, jusqu’à leurs derniers moments.

Qui sommes-nous?

Des citoyens et citoyennes équilibrés, responsables de leur propre destinée comme de leur propre fin de vie. Nous sommes des individus sains d'esprit, dotés d'intelligence et de valeurs personnelles développées tout au long de nos vies familiale, sociale, spirituelle, culturelle, professionnelle. Nous sommes des hommes et des femmes qui n'entendent pas se faire dicter leurs lignes de conduite et de conscience par quelques groupes, corporations, institutions ou autorités que ce soient.

Les adhérents et adhérentes à cette cause ne désirent qu'une fin de vie sereine, paisible et respectueuse de leurs valeurs personnelles, pas d'un suicide assisté ou d'euthanasie, ce dernier vocable devant rapidement être retiré du discours sur cette question pour être réservé uniquement aux animaux. Pour les êtres humains intelligents que nous sommes, on parle ici de l'aide médicale active à mourir - AMAM.

Des premiers gestes porteurs

En avril 2009, quelques personnes ont organisé la venue du Dr Bernard Senet au Québec. Celui-ci, médecin de famille pratiquant la médecine en région, a admis qu’il assistait des personnes en fin de vie, en leur assurant une aide médicale active à mourir, même si un tel geste est illégal en France. Et il ne fut jamais importuné pour ses prises de position publiques et la pratique médicale de tels gestes.

Du côté québécois, en octobre et novembre 2009, les deux Fédérations médicales, Spécialistes et Omnipraticiens, ont accepté, dans une proportion entre 70 et 75% des répondants, qu’un tel acte médical pourrait être accompli, à la condition qu’il soit bien encadré et balisé, reconnaissant aussi, qu’à l’occasion, une telle pratique pouvait déjà avoir lieu sous couvert de l’anonymat. Quant au Collège des médecins du Québec, sur recommandation de son Comité de travail en Éthique clinique qui a réfléchi à cette question pendant une période de 3 ans, il a fait part, début novembre 2009, d’une ouverture à la possibilité que «L’euthanasie pourrait faire partie des soins appropriés dans certains cas particuliers». Les opinions des Fédérations médicales et du Collège des Médecins se retrouvent sur leurs sites, en annexe dans notre section «Références».

Dès lors, l’Ordre des Travailleurs sociaux et des Thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec a laissé connaître son intérêt à se joindre à une démarche active de discussion élargie. Voir leur position dans notre section «Références».

Il en est de même pour l’AFÉAS qui, lors de son Congrès 2009, a entériné une recommandation en ce sens. Celle-ci se retrouve aussi en annexe dans la section «Références».

Également, le ministre actuel de la Santé et des Services sociaux, le docteur Yves Bolduc, a déjà fait part, lors d’un colloque qui s’est tenu au Saguenay-Lac-St-Jean en 2007, qu’il était réceptif à une telle approche. Depuis sa nomination à titre de ministre, il a rappelé à quelques occasions qu’il gardait un esprit ouvert face à ce dossier.

Du côté fédéral canadien, le projet de loi C-384 visant la décriminalisation de l’acte médical, a de nouveau été présenté, en octobre 2009, à la Chambre des Communes à Ottawa, par madame Francine Lalonde, députée du Bloc Québécois.

Plusieurs événements médiatiques ont eu cours récemment depuis la sortie publique de monsieur Ghislain Leblond, de Québec, un des membres responsables de notre Collectif, quant à ses attentes et à sa demande solennelle pour une fin de vie digne, paisible et respectueuse de ses volontés.

Enfin, nous sommes dans l’attente d’appuis d’autres personnes ou groupes constitués en faveur de l’aide médicale active à mourir/AMAM et envisageons une telle perspective avec confiance et sagesse.

La personne au centre de la prise de décision

La vocation des soins palliatifs, définie par leurs tenants comme la volonté à vouloir «soulager la douleur, prolonger la vie à tout prix et privilégier la dignité de la personne en phase terminale jusqu’à l’extinction de son dernier souffle naturel», est incomplète. Ce n’est plus assez. Les technologies facilitant la prolongation de la vie et les fausses valeurs comme les tabous qu’elles véhiculent, dérogent aux valeurs humaines les plus fondamentales : la compassion et le respect de la personne, de sa volonté et de l’expression de sa voix en toute période de sa vie, dont celle de sa fin de vie. Il est faux de dire «qu’il existe un bonheur suprême dans la souffrance».

Le respect de la dignité humaine ne se limite plus à soulager la douleur en prolongeant la vie indument et attendre que le dernier souffle se produise naturellement. Au Québec, société avant-gardiste dans plusieurs causes humanistes et sociales, nous en sommes rendus au moment où il nous faut maintenant respecter la demande légitime et répétée de toute personne en fin de vie qui désire éviter la prolongation de son agonie, en obtenant d’un médecin, l’aide médicale active à mourir/AMAM pour soulager en permanence la souffrance due à son mal-être et non seulement soulager temporairement ses douleurs. Une telle AMAM ne vaudra que pour les personnes en fin de vie qui en auront fait une demande expresse.

Écouter, entendre, comprendre la demande et la voix de la personne en fin de vie et respecter ses ultimes volontés, c’est mettre la personne au centre du processus de décision à l’égard de sa fin de vie avant tout, une approche responsable, sage et respectueuse.

Ce que nous poursuivons

Le Collectif Mourir Digne et Libre a pour objectifs de sensibiliser les personnes, les groupes et les autorités sociales et politiques sur l’importance du respect de la voix et des volontés de la personne en fin de vie; de regrouper les personnes intéressées à cette cause lors d’interventions spécifiques; d’intervenir publiquement à l’occasion; de prendre position en faveur de l’intégration de l’aide médicale active à mourir - AMAM- dans la Loi sur les Services de Santé et les Services sociaux du Québec; de décriminaliser cette aide médicale active à mourir / AMAM pratiquée dans un cadre strict et sécuritaire, selon des procédures bien balisées, évaluées périodiquement et, enfin, de promouvoir solidement le libre choix en la matière, car c’est d’abord et avant tout une question de libre choix personnel, non de groupes d’intérêts. Nous réclamons enfin qu’une aide médicale active à mourir strictement balisée fasse partie de la panoplie des soins disponibles, comme c’est déjà le cas dans d’autres pays et états américains notamment en Belgique, en Hollande, au Luxembourg, en Orégon, dans l’État de Washington.

Pour ce faire, le CMDL prévoit organiser des événements porteurs de changements, notamment un premier colloque au printemps 2010. Sans attendre après des initiatives venant d’autres personnes ou groupes, nous entendons également nous inscrire activement dans toute démarche qui visera le respect du choix, de la voix et de la volonté de la personne en fin de vie.